Comment vivre et préparer son expatriation en Thaïlande ? Mon expérience et mon retour…

Paysage thailande

Je vais vous parler aujourd’hui d’une des expériences les plus enrichissantes qui m’ait été donné de vivre … Mon séjour de 5 mois en Thaïlande. Dans le cadre de mes études j’ai eu l’opportunité de partir à l’étranger pour effectuer un stage, je me suis alors posée la question, oui, mais où ? Je vais vous expliquer les raisons qui ont motivé mon départ, mon expérience, ce que j’ai appris et comment j’ai vécu le retour.

Avant le départ

Ma recherche de stage :

Mon cœur balançait entre Dubaï et la Thaïlande. Il est vrai que la Thaïlande devient une destination incontournable dont on entend de plus en plus parler, le coût de la vie est plus qu’abordable et la culture me fascinait. J’ai fait quelques recherches sur internet, j’ai demandé l’avis d’une de mes amies qui y été allée plusieurs fois … Et je me suis décidé, ce sera la Thaïlande.

Le choix étant fait, le plus dur rester encore à faire … Trouver un stage ! J’ai envoyé des candidatures spontanées aux 4 coins de la Thaïlande, mais j’ai vu beaucoup de choses sur Bangkok qui m’ont fait peur (papa et maman n’étaient pas très rassurés en plus de ça) ^^… J’ai donc décidé d’éliminer Bangkok de ma liste. Et puis à dire vrai je suis plutôt attirée par les villes balnéaires que par les grandes métropoles !

Mon objectif principal était de trouver dans le domaine du mariage. Dans ce domaine en Thaïlande les entreprises fleurissent ! De plus en plus de personnes viennent profiter des paysages de la Thaïlande pour s’offrir de belles cérémonies sur la plage ou même la réception dans des lieux luxueux à prix plus attractifs que chez nous. En cherchant des wedding planner je suis tombée sur l’entreprise de mes rêves : The Wedding bliss, une entreprise d’organisation de mariages de luxe à Phuket.

The wedding bliss Thailand

Quand j’ai reçu un retour de cette entreprise pour un entretien je n’y croyais pas ! Le jour J j’étais stressée comme jamais ! Au niveau de la communication j’ai eu un peu de mal à comprendre l’anglais avec un accent thaï ^^. Avoir mon stage en Thaïlande dans un pays qui me fascine et qui plus est en effectuant le job de mes rêves … je me disais que c’était trop beau pour être vrai ! Quand la réponse positive est arrivée j’étais euphorique. Il m’a fallu un certain temps pour réaliser que quelques mois après je partirai…

Les démarches administratives :

Suite à cela il a fallu que je commence les démarches administratives. Faire le passeport en premier lieu et également quelques vaccins… je ne les ai pas tous fait c’est bon ce n’est pas Koh Lanta non plus ^^ par contre si vous envisager un road trip dans des zones à risques c’est conseillé. Je vous suggère aussi de vous envoyer par mail tous les documents que vous jugez importants (carte d’identité, carte vitale, photocopie passeport etc) … Si vous êtes un chat noir comme moi on ne sait jamais ça peut être utile 😉

passeport visa thaïlande

Ensuite j’ai dû me rendre à l’ambassade de Thaïlande à Paris pour faire mon visa. À mon niveau je ne pouvais avoir qu’un visa étudiant de 3 mois à renouveler sur place. Alors bien sur j’ai commencé à stresser et à me dire « mais si je suis bloquée la-bàs comment je vais faire ? » Mon entreprise m’a conseillé de simplement sortir du territoire à l’expiration de mon Visa et de revenir en Thaïlande, ce qui prolongerait mon Visa pour 2 mois. En Thaïlande il existe des entreprises spécialisées pour les étrangers qui souhaitent refaire leur visa. Il me semble avoir payé l’équivalent de 100-150€ et ce prix comprenait le voyage aller-retour en Mini van jusqu’en Malaisie, une nuit en hôtel et le prix du visa. C’est assez marrant comme principe on a la sensation d’être des clandestins mais bon c’est comme ça que le pays fonctionne ^^

Pour le logement à Phuket je n’ai pas eu de mal à trouver et tout s’est organisé en quelques semaines grâce à l’aide de mon entreprise. Il faut savoir qu’en Thaïlande niveau transports c’est un peu la galère, à moins d’avoir un 2 roues. Ayant une peur bleue de ces choses-là j’ai décidé de loger juste à côté de l’entreprise, dans un hôtel dont mes responsables connaissaient le propriétaire. Un petit studio avec terrasse, vue sur la piscine et sur la plage pour la modique somme de 300€ par mois ! (Juste ici).

Une fois tout cela réglé je n’avais plus qu’à préparer le grand jour du départ !

Se préparer au départ psychologiquement et matériellement :

Moins d’un mois avant le départ c’est toujours la course, on commence à faire des checklists de ce qu’il ne faut pas oublier, préparer la valise, faire des achats … Un seul mot d’ordre l’organisation !

LA-CHECK-LIST départ

Une fois que tout était prêt j’ai commencé à paniquer et à prendre conscience de mon départ. Je me suis dit « mais Anaïs dans quoi t’embarques-tu, tu pars pour 5 mois à des milliers de km de ta famille et de ton chéri » … J’ai eu des phases de toutes énormes et des questions à foison :

  • Et si il m’arrive quelque chose de grave ?
  • Et si je me retrouve seule pendant 5 mois ?
  • Et si je n’assure pas mon stage ? Et si ça ne se passe pas bien avec mes collègues / responsables ?
  • Et si je ne les comprends ? Et si la culture est trop différente ?

… Bref je vous épargne tout ce qui a pu se passer dans ma tête !

Plus le départ approchait et plus la peur grandissait, plus j’avais l’impression de faire une erreur. J’étais déjà partie 2 mois à Londres mais c’est différent Londres c’est européen et pas si éloigné de la France … Là je sortais vraiment de ma zone de confort !

J’ai fait une fête de départ évidemment pour dire au revoir à mes amis et ma famille. Le jour du départ mes parents, mon frère et mon chéri m’ont accompagné. Le moment des aurevoirs était tellement dur !! J’ai pourtant essayé de retenir mes larmes, mais l’émotion était beaucoup trop forte. Je me revois monter l’escalator et les regarder derrière moi s’éloigner au fur et à mesure … Comme une scène de film ^^ Autant vous dire que durant le voyage je n’étais pas très bien.

L’arrivée

La première chose par laquelle j’ai été surprise en sortant de l’aéroport c’est la chaleur et l’humidité évidemment ^^ je suis arrivée en soirée et la nuit commençait à tomber. Un membre de l’entreprise est venu m’accueillir, nous sommes aussitôt allés acheter le nécessaire dont j’avais besoin et surtout la base : Une puce téléphonique thaïlandaise pour communiquer au plus vite avec mes proches ! Mon premier problème est vite apparu : La communication …. c’était très compliqué, il ne parlait pas du tout anglais, j’ai commencé à paniquer ! Mais bon sachez qu’on arrive toujours à se faire comprendre par des gestes, des mots simples et surtout un bon traducteur !

Au début de l’expatriation on est en phase de découverte, tout ce que l’on découvre nous émerveille. Le lendemain en plein jour … Je me suis dit ça y est j’y suis vraiment ! J’étais dépaysée et éblouie par les paysages, le cadre idyllique, la nourriture mmmmmmmh =p L’avantage que j’ai eu c’est que Phuket est une ville très touristique donc c’est assez cosmopolite et il y a une immense communauté d’expatriés français ! Le premier weekend je l’ai passé à la plage et à découvrir les coins près de mon hôtel, je restais évidemment en contact avec ma famille et essayais de capturer le maximum de moments pour partager avec eux mon arrivée ! (Et c’est vrai leur donner envie =p) Ma première photo c’était celle-ci :

surin beach thailand

L’entreprise :

Dans l’entreprise les premières semaines ont été compliquées : j’ai dû m’adapter aux personnes, à leur façon de fonctionner, à leur langue. Je faisais attention à tout, la façon dont elles se comportaient, j’observais tout ce qui m’entourait dans les moindres détails. Par exemple j’étais gênée quand les filles parlaient thaï au bureau alors que j’étais là … je me sentais comme exclue, en grande parano que je suis je me disais qu’elles pouvaient parler de moi. Mais bon on s’y fait d’entendre du thaï à longueur de journée ! Et puis avec le temps elles communiquaient de plus en plus en anglais quand j’étais là.

J’ai eu du mal à me faire au rythme de travail, les thaïs travaillent énormément et ne comptent pas leurs heures. En France on se plaint de nos 35 heures … Il m’est déjà arrivé de faire une semaine de presque 70 heures, entre les heures passées au bureau, les visites de lieux de réception et les mariages à organiser.

wedding bliss thailand

A la moitié de mon stage j’ai eu un différend avec les responsables, car je trouvais la façon de manager des thaïs assez spéciale. Ils ont une communication très implicite. J’ai dû gérer le bureau pendant une semaine toute seule, j’ai dû accumuler la pression, le stress, leurs appels et leurs exigences. A la fin de la semaine j’ai craqué. Il s’en est suivi un long débat sur leur management, mais au final elles avaient raison… ce n’était pas à elles de s’adapter à moi, mais à moi de changer toutes mes habitudes et de me conformer à leur culture de travail.

Je ne sais pas si on peut faire de mon expérience une généralité, mais j’ai constaté qu’en dehors du cadre de travail, les thaïs oublient tout lien de subordination avec leurs employés. Il m’est arrivé de faire un voyage avec ma boss à Bangkok, faire une journée fille shopping et manucure, de dormir chez elle, de nager avec elle dans sa piscine, de faire des soirées avec elle (et oui) ^^ et pourtant au travail elle gardait cette « rigidité » et mettait de la distance. C’est assez compliqué en tant qu’occidentale de devoir faire ce décloisonnement.

The Wedding bliss thailand team

Enfin voilà tout ça c’est ce qu’on appelait en cours du management interculturel c’est à dire que chaque pays a ses principes, ses façons de travailler et de voir les choses. Et même si j’étais habituée à mon mode de vie occidental, je n’ai pas eu d’autres choix que de m’adapter à leur culture que ce soit professionnellement ou personnellement. Il m’a fallu du temps mais au final aujourd’hui je peux dire que ça a été très enrichissant et que ce stage a été hyper formateur, j’y ai appris beaucoup.

En ce qui concerne mon job de Wedding planner j’y reviendrai plus en détails dans un autre article 🙂

L’adaptation

L’adaptation culturelle peut être plus ou moins longue selon les personnes et elle se matérialise par plein de petits changements (façon de penser, de voir les choses, les gestes, les mots utilisés…)

Bien que pour moi l’adaptation ait été compliquée au début, je me suis vite fait des connaissances, j’ai rencontré des français avec qui j’ai partagé beaucoup de moments tout au long de mon séjour.

Malgré l’éloignement de ma famille je me sentais hyper bien à Phuket, les thaïlandais ont un mode de vie très cool, ils ne sont pas stressés. Cela dit avec un cadre et des paysages comme ça on ne peut que être apaisé …

Thailand koh phi phi viewpoint

J’ai été surprise par le mode de vie des thaïlandais. Certains ont un niveau de vie correct et d’autres vivent dans de petites campagnes reculées, ils ne vivent que de très peu de choses et pourtant ils sont tellement souriants, ce n’est pas pour rien qu’on appelle la Thaïlande « le pays du sourire » ! Ils respirent la joie de vivre, ils sont toujours prêts à aider et à donner même s’ils disposent de peu ! L’hospitalité thaïe n’est plus à prouver. Ils savent relativiser et mon dieu ce que ça fait du bien ! Je pense qu’il faut le voir pour comprendre …

Famille thaïlandaise

Un petit bilan :

  • Ce qui me manquait le plus de la France : Ma famille, la gastronomie française, les magasins français.
  • Ce qui me manquait le moins : Tout le reste, la politique, le stress, le rythme de vie, la mentalité des français …
  • Ce que j’ai adoré en Thaïlande : La culture, l’hospitalité et la générosité des thaïs, le pays et ses paysages, le rythme de vie, le climat, tout en fait ^^ …
  • Ce que j’ai moins aimé en Thaïlande : Les thaïs parlent très forts ^^ et la galère des transports quand on a peur des 2 roues, il y a aussi à Phuket le coté très festif qui peut être malsain sur du long terme je pense.

En fait pour faire simple je me suis bien plus qu’adaptée… je me sentais « chez moi », je n’avais pas toutes ces contraintes qu’on peut avoir en France. Avec mon salaire de stagiaire j’arrivais à vivre un mois en me faisant plus que plaisir (sorties, vêtements, courses, restaurants tous les jours…) ! À la base je suis une personne très attachée à sa famille, mais là je me suis dit : « Anaïs pourquoi ne pas rester ici si tu t’y sens si bien ? » J’étais dans ma bulle, tout était parfait, mon mode de vie me convenait beaucoup plus qu’en France. Plus la date de retour approchait, moins j’avais envie de rentrer… Dire au revoir à des personnes qui ont contribué à une expérience si enrichissante et avec qui on a tout partagé c’est très dur …

Le retour

J’ai pleuré en venant en Thaïlande et j’ai pleuré en partant. Le retour est la phase la plus compliquée de l’expatriation et je pense que psychologiquement ça peut devenir problématique, cela peut parfois aller jusqu’à ce qu’on appelle « la dépression post-retour ».

retour en france expatriation

J’envisageais le retour en France comme un nouveau départ, recherche d’un nouveau job, mais dans un coin de ma tête je gardais l’envie de retourner en Thaïlande au plus vite pour essayer d’y travailler. À mon retour je me suis sentie en décalage avec les gens, même avec ma famille, j’avais la sensation que personne ne pouvait comprendre ce que j’avais vécu tellement c’était fort. J’ai passé des semaines à vouloir expliquer tout ce qu’il s’était passé puis je me suis lassée, c’était bien trop long et les personnes ne partageaient pas mon enthousiasme puisqu’ils ne voyaient pas de quoi je pouvais parler.

Pendant 5 mois je me suis habituée à un mode de vie, à des habitudes culturelles et au retour j’ai pris conscience de tout ce qui m’avait changé, et ça m’est revenu d’une manière brutale comme un effet boomerang ! J’ai longtemps eu ce sentiment d’échec d’être rentrée en France, je suis passée d’un cadre idyllique et d’un job de rêve à rien … à être en recherche d’emploi en France, il n’y a pas eu de demi-mesure. J’étais démotivée de tout, je suis revenue doucement à la réalité : la vie que je menais avant la Thaïlande, mes petites habitudes et ma routine. Je suis descendue petit à petit de mon nuage et ça a fait mal…

Je me suis beaucoup remise en question, la Thaïlande m’avait changé que ce soit en bien ou en mal j’en avais conscience… Le problème c’est que j’avais l’impression d’avoir deux facettes de ma personnalité qui n’étaient pas compatibles : Anaïs pendant la thaïlande et l’après !

Pendant 2 mois voir 3 j’étais comme en phase de deuil, une période longue ou j’ai dû traverser toute sortes d’émotions : la démotivation, aucune envie de se projeter dans l’avenir et des sautes d’humeur. Comme on dit « le temps guérit », petit à petit tout est rentré dans l’ordre et je me suis fait à mon retour et au fait que je ne retournerai pas vivre en Thaïlande, j’ai éclaté cette bulle dans laquelle j’étais et qui était trop idyllique.

Voilà mon retour sur expérience, si c’était à refaire je ne changerai rien, je me préparerai peut être un peu plus à la phase compliquée du retour.

Je conseille à toutes les personnes expats ou en devenir de visiter ce site : retourenfrance.fr pour préparer, bien vivre et comprendre leur retour.

Si vous avez déjà vécu l’expatriation n’hésitez pas à partager votre expérience 🙂

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3 Commentaires

  1. Très belle description de ton expérience en Thailande !
    Celle-ci donne vraiment envie de découvrir ce beau pays malgré la différence culturelle et le décalage de nos deux pays, cinq mois c’est effectivement très long ! Ton chéri à dû trépigner d’impatience en pensant à ton retour, ce n’était pas trop long à ses yeux ?

    Bon courage !

    1. anais dit : Répondre

      Oh oui ça l’était 😉 Je pense que ce genre d’expérience est justement un bon moyen de tester la force de son couple. Soit les liens et les sentiments s’estompent avec la distance, soit on en ressort plus forts ! Chaque » aventure » est différente et propre à chaque couple.
      Je te souhaite en tout cas de découvrir ce beau pays si tu en as l’occasion 🙂

      À bientôt.

  2. Anthony simenel dit : Répondre

    Tellement d accord avec toi , un pays tout simplement magnifique et très accueillants
    Le retour est très difficile c pas faux …
    Et comme tu l explique pour en parler a ton entourage cela n’ai pas aussi simple il faut le vivre pour le croire …
    En tout cas très jolie témoignage de ton expérience .

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